Opération groupée (suite)

Publié le par Françoise Andersen

La dernière fois, j'avais sauté un épisode assez désagréable. L'anesthésiste m'avait prévenue qu'on nous mettrai sous perfusion avant l'opération. Je suppose que même si c'est une opération bénigne, ils doivent pouvoir injecter très rapidement un produit en cas de problème. J'ai fait remarquer à l'infirmière qu'il fallait utiliser le côté gauche, car j'avais toujours eu des problèmes à droite. Elle a décidé: "On va quand même essayer". Et que je te pique et que je te repique. Je me suis dit que si ça ne marchait pas la troisième fois, j'entamerais une mutinerie. Mais apparemment ça a marché, car j'ai senti qu'elle mettait plein de ruban adhésif autour. La photo vient du Net. Ce n'est pas ma main. Mais vous avez deviné qu'à ce stade je n'étais pas en mesure de faire un "selfie"

Opération groupée (suite)

L'anesthésiste m'avait dit que le calmant agirait rapidement mais plus le temps passait et plus je me sentais angoissée. Alors j'ai protesté en disant que ce calmant me faisait l'effet contraire. L'infirmière a alors déclaré: "La main enfle. On va piquer à gauche". Si la main enflait c'était, je suppose, parce que le produit n'entrait pas dans la veine, mais sous la peau. Comme je sentais qu'on s'apprêtait à me piquer à gauche, cette fois à la saignée du coude, j'ai réfréné le : "Qu'est-ce que je vous avais dit ?" furibond, me disant que j'allais la rendre encore plus nerveuse et qu'elle risquait aussi de m'esquinter le côté gauche.

 

Au deuxième essai, elle a trouvé la veine et le "calme bienfaisant" dont je vous parlais m'a enfin envahie.

 

Je me rappelle avoir vu pendant l'opération comme un kaléidoscope où se mélangeaient des couleurs. C'était très joli. J'ai entendu dire ensuite que c'était fini et après un bref passage dans la "salle de réveil" (mais en fait l'anesthésie était juste locale) ona roulé mon lit jusqu'à ma chambre (de la maternité) où on m'a ramené peu après mon mari.

 

Apparemment ils n'étaient pas habitués aux "opérations groupées" . On nous a donné des sobriquets : "Les amoureux", "L'oeil droit et l'oeil gauche" et d'autres qui ont sûrement été dits derrière mon dos du genre, j'imagine: "la vieille hystérique" ;)

 

Tout allait bien, nous n'avions pas mal, juste faim car les opérations avaient été retardées à cause de "problèmes informatiques". Finalement on nous a servi un déjeuner que nous avons mangé avec bon appétit. Sur le plateau il y avait une petite bouteille d'eau minérale et j'ai voulu remplir mon verre. Je ne voyais que d'un seul oeil (très myope), ayant une coque et un pansement sur l'autre, mais j'ai cru quand même pouvoir viser le verre. J'ai entendu en effet l'eau qui coulait. Au bout d'un moment je me suis dit que ça devait suffire, mais quand j'ai levé le verre en plastique, je me suis aperçue qu'il était très léger ... et vide. Je ne m'étais pas rendu compte qu'avec un seul oeil l'image était décalée et que j'avais versé tout à côté. Il a fallu qu'une aide-soignante vienne passer la serpillière par terre. Cela a beaucoup amusé mon mari qui, lui, avait pris la précaution de boire au goulot.

 

Le lendemain matin on nous a enlevé le pansement. Et là j'ai eu une surprise extraordinaire: je voyais avec l'oeil opéré comme si j'avais une lentille. En fait j'en avais une, puisqu'on m'avait mis un implant avec correction. Quand je me suis habillée, j'ai eu une autre surprise, la jupe marron que je venais d'acheter était devenue violette. On m'a ensuite expliqué que c'était normal les tout premiers jours. Seulement ça fait maintenant 15 jours et cette jupe reste violette. Bizarrement le soir à la lumière électrique elle est à nouveau marron, donc j'espère que tout finira par rentrer dans l'ordre, car je n'aime pas du tout le violet.

 

Lors de notre sortie, mon mari y voyait bien (et même mieux qu'avant avec l'oeil opéré, puisqu'il n'a jamais porté de lunettes). Quant à moi, je voyais très net avec l'oeil gauche qui avait été opéré et tout flou avec l'oeil droit (sans lunettes) , ce qui ne donnait pas une très bonne vision. Comme mon mari marchait, comme toujours, péniblement avec ses deux cannes, à cause de sa maladie neurologique inconnue, je me suis rappelé le titre d'une fable de Florian: "L'aveugle et le paralytique". En même temps j'entendais dans ma tête la voix hilare d'Henri Salvador qui chantait: "Faut rigoler, faut rigoler..." J'essaie toujours de voir le côté comique des choses. L'auto-ironie aide beaucoup.

 

Bref je vois si bien de l'oeil opéré que j'ai hâte d'être opérée de l'autre. Ce n'est plus assaillie par l'angoisse que je vais aller sur la table d'opération, mais avec la même joie expectative que si je devais aller à une fête.

 

Je ne cesserai jamais de m'étonner moi-même.....

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bruno 31/01/2015 23:08

Heureux pour vous. Mais pour la prochaine fois, insiste un peu plus pour la piqure coté gauche

Françoise Andersen 05/02/2015 12:09

Pourtant j'ai insisté. Tu pourras lire tout cela en détail dans la "suite et fin" qui doit paraître bientôt

flipperine 27/01/2015 16:31

mon mari a fait les deux aussi c'est un jeune homme maintenant il n'a plus de lunettes sauf pour lire et lui aussi voyait les couleurs un peu différentes de la réalité au début

Françoise Andersen 05/02/2015 12:08

Ma jupe marron continue à être violette mais il y a quand même un changement: le soir à la lumière électrique elle redevient marron. Alors je pense que ça continue á évoluer.

Thérèse74 27/01/2015 12:59

Quelle aventure ! heureusement tout s'est bien passé !
Quand tu décris ton histoire de veines, j'ai l'impression que c'est moi. A chaque prise de sang je me fais aussi charcuter, je n'ai plus de veines, elles sont tellement fines que lorsque l'infirmière la pique, elle file sous l'aiguille. J'ai beau leur dire qu'il n'y a que celle du bras gauche qui va encore à peu près bien et qu'il faut une aiguille fine, ils s'obstinent à me piquer dans le bras droit. J'ai même eu un infirmier au labo, qui a voulu m'envoyer à l'hôpital pour me piquer dans l'artère du cou car il n'y arrivait pas, il m'a charcutée pendant 10 mn avant d'appeler une de ses collègues qui a finalement réussi parce qu'elle avait écouté ce que je lui ai dit et lui n'en n'a fait qu'à sa tête. Maintenant j'ai toujours la même infirmière qui vient à domicile, elle me connait et ne me rate plus.

Vivement le deuxième oeil de fait, tu vas retrouver une vue de jeune fille lollll

Passes une belle journée, bises

Françoise Andersen 05/02/2015 12:07

Avec ma longue expérience, je peux affirmer qu'en général les femmes s'y prennent beaucoup mieux que les hommes. C'est même marqué dans mon dossier au labo que je ne veux pas que ce soit un homme.

vivi 25/01/2015 22:41

Vivement la deuxième opération alors :o)

Françoise Andersen 05/02/2015 12:05

Ça s'est moins bien passé que prévu. Tu liras ça dans "suite et fin" qui va bientôt paraître.

Cigalette 106 25/01/2015 18:29

Bon rétablissement gros bisous

Françoise Andersen 05/02/2015 12:04

Merci ;) Ce n'est déjá plus qu'un mauvais souvenir