Opération groupée - Suite et fin

Publié le par Françoise Andersen

Dans la deuxième partie, je vous avais dit que j'étais si contente de ma vue parfaite de l'oeil opéré, que j'avais hâte que l'autre le soit aussi. Je n'avais aucune appréhension à propos de cette nouvelle opération, étant donné que la première fois tout s'était bien passé. Il y avait eu bien sûr l'épisode un peu désagréable de la pose de la perfusion,

mais, cette fois-ci, j'avais pris mes précautions pour qu'on me pique du côté gauche. J'avais envoyé un mail à l'ophtalmo - avec copie pour sa secrétaire - en lui expliquant les problèmes que j'avais déjà eus avec le bras droit.

La secrétaire avait eu la gentillesse de répondre à mon mail ,en me disant que cela avait été noté dans mon dossier. Comme on n'est jamais trop prudent, j'en avais aussi parlé ensuite au chirurgien, lors d'une visite de contrôle pour l'oeil déjà opéré. Il avait alors dit: "On va choisir une solution plus simple: on ne vous mettra pas la perfusion. A la place on vous donnera un tranquillisant 1/2 heure avant. Si une perfusion s'avisait nécessaire pendant l'opération, il sera toujours temps de vous la mettre".

J'aurais dû lui dire que, comme je l'avais écrit dans mon mail, je n'avais rien contre la perfusion, à condition que l'anesthésiste la pose à gauche. Mais trop contente d'y échapper complètement, j'ai cru le problème résolu.

Une demi-heure avant l'intervention, j'ai donc pris mon comprimé, croyant que j'allais vite sombrer dans le calme et le détachement proche de la béatitude que j'avais déjà connus dans d'autres phases préopératoires. J'avais oublié un détail que j'avais pourtant signalé lors de la visite pré-opératoire chez un anesthésiste: certains tranquillisants ont sur moi un effet contraire. Quand les brancardiers sont venus me chercher, le comprimé ne m'avait fait aucune effet. Je me sentais en pleine forme et assez énervée.

On m'a installée sur la table d'opération et l'anesthésiste (qui n'était ni celui de la visite pré-opératoire, ni celui - ou plutôt celle - de la première opération) s'est apprêté à me mettre la perfusion.

Opération groupée   -  Suite et fin

Je l'ai immédiatement prévenu qu'étant donné les problèmes que j'avais eus la dernière fois, le chirurgien avait choisi la solution "comprimé tranquillisant", à la place de la perfusion. J'ai ajouté que ce comprimé ne m'avait d'ailleurs fait aucun effet. Il a constaté laconiquement mais d'un air entendu et mécontent : "En effet, je vois...".

J'ai précisé que les recommandations du chirurgien étaient dans mon dossier médical. Cela l'a mis dans une rage folle. Il a dit que c'était SA responsabilité et pas celle du chirurgien, qui ne devait pas s'occuper de ça. Il a ajouté l'air très vexé : "il aurait dû m'en parler" et il s'est mis à faire du chantage: "Ou bien je vous mets la perfusion, ou bien je m'en vais". 

Les 2 silhouettes que j'avais vues sur ma droite, au début, ont prudemment disparu, ne voulant sûrement pas être mêlées à ce conflit. Et moi je m'imaginais revenant dans ma chambre sans avoir été opérée. D'autre part j'avais peur qu'il mette dans la perfusion un produit qui risquait de ne pas faire bon ménage avec le comprimé, surtout avec mon coeur rafistolé.

Ayant déjà fait l'expérience que la parole pouvait apaiser les tensions, j'ai donc essayé d'entamer une conversation avec lui en lui disant qu'il me semblait entendre un très léger accent et en lui demandant quel accent c'était. Après coup, je me dis qu'il n'y a que moi pour avoir ce genre de "conversation de salon" sur une table d'opération ! J'ai eu droit à un cinglant : "Cela n'a absolument aucune importance". J'ai cru bon de me justifier en disant que cela m'intéressait, car j'avais enseigné la phonétique et fait des recherches dans ce domaine à l'université de Copenhague. En même temps je l'ai rassuré sur son français, en disant que c'était sûrement imperceptible pour des oreilles non entraînées. Il a acquiescé en disant qu'en effet c'était plutôt une question d'intonation. Il m'a alors dit de quel pays il venait et même de quelle ville. Comme je n'avais pas envie qu'il s'en aille et qu'on me ramène dans ma chambre sans que j'aie été opérée, je lui ai dit qu'il pouvait mettre la perfusion, du moment que c'était à gauche.

Sur ce, une infirmière furibonde a fait irruption dans la salle d'opération en disant: "Avec toutes ces discussions, maintenant ils commencent avant nous, à côté". A côté se trouvait mon mari qui aurait dû normalement être opéré juste après moi.

L'anesthésiste m'a mis la perfusion. Je me souviens ensuite d'une effervescence soudaine autour de moi. On m'a posé des électrodes, on m'a reliée à un appareil. Il y avait tout d'un coup plein de gens autour de moi. Ce n'était pas du tout comme la dernière fois. Je pense qu'il y a eu un incident imprévu. Eusuite j'ai dû m'endormir, car j'ai eu l'impression de me réveiller en entendant une voix qui recommandait de respirer lentement et profondément. Je pense qu'on m'avait mis un masque.

Opération groupée   -  Suite et fin

J'ai seulement repris mes esprits dans le couloir, alors qu'on me ramenait à ma chambre. Mon mari était en train de déjeuner et une bonne odeur est venue chatouiller mes narines. Quand une infirmière est venue voir comment j'allais, j'ai réclamé mon repas, mais elle m'a dit "Vous ne pouvez pas manger, car vous avez eu une anesthésie générale". J'ai protesté en disant que ce n'était pas possible car je devais juste avoir une anesthésie locale de l'oeil. Je mourais de faim car nous avions pris notre petit-déjeuner bien plus tôt que d'habitude.  Quand une aide-soignante est entrée peu après, j'ai réclamé à nouveau mon repas, qu'elle m'a apportée et que j'ai mangé avec bon appétit.

J'aimerais bien savoir ce qui s'est passé dans la salle d'opération. En fait je pense que l'infirmière avait raison et que j'ai eu une anesthésie générale. Mais c'est bizarre qu'au lieu d'avoir les nausées habituelles, j'aie eu un appétit d'ogre. Je vais essayer d'en savoir plus lors du prochain contrôle post-opératoire.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

flipperine 13/02/2015 12:07

vraiment tu vas voir bien clair mais que de péripéties avant les opérations

vivi 10/02/2015 22:48

Que d'aventures ! La suite, la suite !

Françoise Andersen 11/02/2015 14:35

Je suppose que je ne saurai jamais ce qui s'est passé pendant l'opération. Apparemment je n'ai pas eu de séquelles, mais ç'aurait pu être dangereux.

@nnie54 10/02/2015 20:54

oups, je corrige : a marché !

Françoise Andersen 11/02/2015 14:33

Je n'avais pas remarqué !

@nnie54 10/02/2015 20:53

Et bien, il t'en arrive encore de choses ! Tu as essayé de détourner le mécontentement de l'anesthésiste et cela à marcher...et, on veut savoir ce qui s'est passé oui après...: !
Bonne sorée Françoise, biz
@.

Françoise Andersen 11/02/2015 14:33

Ça n'a marché que dans la mesure où il s'est radouci et que c'était moins désagréable que d'être traitée par un médecin agressif, mais j'ai dû céder au chantage. Je pense que le mélange du produit qu'on m'a injecté et ce que j'avais déjà pris de façon orale n'a pas été très bon pour mon coeur malade.