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Le tutoiement au Danemark

Publié le par Françoise Andersen

Quand j'ai regardé, sur ARTE, la série danoise BORGEN ("Une femme au pouvoir") en version originale sous-titrée en français, je me suis rendu compte à quel point le tutoiement généralisé au Danemark réduisait la distance entre les gens. Le médecin de l'hôpital tutoyait la ministre en danois, mais dans les sous-titres en français, c'était traduit par "VOUS". C'était tout de suite plus froid. Cela m'a rappelé un article que j'avais écrit il y a longtemps sur le tutoiement. Je le publie à nouveau, car je ne pense pas que beaucoup l'aient lu à l'époque.

Le tutoiement au Danemark

Le Danemark a eu aussi son "Mai 68", qui a apporté de grands changements dans la société. A mon arrivée, en 1960, les rapports entre les Danois étaient très protocolaires. Mais pratiquement du jour au lendemain, les moeurs ont changé, surtout dans les Universités, où avait démarré le mouvement. Des "comités paritaires" composés de 50% de représentants d'étudiants et de 50% de représentants d'enseignants géraient désormais chaque institut dans les facultés et le tutoiement s'était brusquement généralisé à tous les niveaux. Cela avait été très difficile pour moi au début. Je me rappelais le temps pourtant pas très lointain où, assise sur un banc d'un amphi de la Sorbonne, j'avais un jour entendu (en 1958), un étudiant me demander: "Excusez-moi Mademoiselle, est-ce que cette place est libre?"

Le tutoiement a vite gagné toutes les couches de la société, même entre inconnus. Et puis quelques années plus tard le gouvernement a essayé de rétablir le vouvoiement en interdisant le tutoiement dans l'Administration. Le vouvoiement a aussi fait sa réapparition dans les magasins. Il paraissait en effet parfois anormal d'entendre une jeune vendeuse s'adresser à une cliente âgée en lui disant "Je trouve que ca te va très bien". Mais cela n'a apparemment pas pris, car encore aujourd'hui quand on arrive par exemple à l'hôpital on vous demande: "Tu as ta carte de Sécurité sociale" et dans tous les magasins on vous dit "Je peux t'aider?"

Il en est de même partout ailleurs. Les habitants de notre lotissement me disent tous spontanément "tu" et en fait je trouve que cela facilite beaucoup les relations entre les gens. J'ai d'ailleurs maintenant des problèmes en France car, après plus d'un demi siècle de vie au Danemark, j'ai tendance à tutoyer aussi les gens en France, dès que je les connais un peu. J'ai même introduit le tutoiement dans notre petite copropriété parmi trois jeunes couples qui venaient d'emménager et des liens amicaux de sont bien plus vite tissés entre eux et aussi avec moi.

Le tutoiement, au Danemark, reflète en fait le caractère très égalitaire de la société danoise. Le fait d'être comme les autres, de ne pas se démarquer, de ne pas croire qu'on vaut plus que les autres fait partie intégrante de la nature danoise.

Quand je vivais toute l'année au Danemark je pensais souvent avec nostalgie à La France, mais j'ai réalisé, depuis que je vis 7 mois en France, à quel point je suis devenue danoise et aime mon pays d'adoption.

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Le Mémorial des Justes de Thonon

Publié le par Françoise Andersen

La semaine dernière nous avons profité du beau temps pour aller nous promener dans la forêt du château de Ripaille. En traversant la Clairière des Justes, je me suis rappelé que j'avais écrit, il y a longtemps, sur mon autre blog, un article sur le Mémorial qui est en son centre. Dans le cadre de la reprise de mon programme de "déménagement d'un blog à l'autre", je le publie à nouveau ici dans une version écourtée.

Le mémorial des Justes a été érigé à la mémoire des hommes et femmes de Haute-Savoie qui ont caché, aidé et sauvé des Juifs durant la seconde guerre mondiale.

Le Mémorial des Justes de Thonon

Voici un extrait du site de la Ville de Thonon

>> Composé de cuivre et de laiton, le monument représente un ensemble de symboles :

  • trois silhouettes représentant les Justes
  • les autres personnages symbolisant les générations sauvées par les Justes
  • le cœur, «siège des sentiments, de l'amour, du courage et de la générosité » qui caractérisent les Justes
  • la sphère encerclée d'un anneau symbolisant le monde et l'alliance des peuples de ce monde.

Qu'aurais-je fait à la place de ces Justes, si j'étais née une dizaine d'années plus tôt ? Cette question, à laquelle je n'aurai jamais de réponse, m'a rappelé une chanson de Jean-Jacques Goldman qui est sur YouTube

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Bientôt 78 ans et toujours pas raisonnable !

Publié le par Françoise Andersen

On dit que la vieillesse rend sage, mais pas dans mon cas. Je ne trouvais déjà plus le temps de fréquenter la blogosphère et  voilà qu'en découvrant l'existence d'un groupe de "photoblogueurs" qui publient, chaque samedi, une photo prise dans la semaine, la vieille écervelée que je suis s'est dit: >> Ce serait un bon moyen de me réhabituer à alimenter à nouveau  régulièrement "Ma vie franco-danoise" << . Alors, sans réfléchir je suis descendue prendre une photo dans le quartier,  je me suis auto-proclamée membre du groupe et j'ai publié ma photo dans un article.

Bientôt 78 ans et toujours pas raisonnable !

J'ai quand même averti Patricia, la propriétaire de la communauté "24 heures photo". Mais je me suis dit ensuite, toute contrite. que j'aurais dû commencer par là. Je suis souvent victime d'un phénomène de raccourci: très souvent mes paroles et mes actes ne passent pas d'abord par mon cerveau     ;)       Bref  j'agis et je réfléchis ensuite. Comme disait Brassens : "Le temps ne fait rien à l'affaire ...  etc."

Quand je m'en suis aperçue, j'ai aussitôt supprimé l'article avec ma photo et présenté mes excuses à Patricia, pensant l'incident clos. Malheureusement en consultant les statistiques, je vois que 15 personnes ont cherché en vain cet article et j'en suis désolée.

Comme cela m'arrive malheureusement trop souvent, je m'étais emballée trop vite, mais je me suis souvenue du proverbe "Qui trop embrasse, mal étreint". En effet je n'ai déjà pas le temps de participer régulièrement à toutes les activités auxquelles je me suis inscrite, alors j'ai réalisé que ce serait de la folie de me donner encore plus mauvaise conscience, par manque d'assiduité. J'ai donc pris la sage décision, au lieu de me lancer dans une nouvelle aventure, de me remettre à écrire des histoires et surtout de recommencer mes visites sur les blogs de mes aminautes, que j'ai délaissées depuis trop longtemps.

J'ai toujours eu tendance à cumuler plein de choses et c'était possible tant que j'étais jeune: j'avais 2 emplois à mi-temps, j'étais déléguée syndicale, représentante des parents d'élèves, je suivais des cours du soir, je sortais et recevais régulièrement des amis, j'allais au cinéma, au théâtre et je m'occupais seule de la maison et de mes enfants (trois en tout, en comptant mon mari). Bref j'étais une "Superwoman" qui a bien du mal à accepter qu'elle est devenue une vieille femme qui a maintenant, au sens figuré, les yeux plus gros que le ventre.

Enfin je me satisfais de mon sort, tant que je n'en suis pas arrivée au stade "du lit au fauteuil et du fauteuil au lit", comme dans la chanson de Bref "Les Vieux", qui me faisait déjà frémir quand j'étais adoslescente.

 

Publié dans Réflexions

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Ils ont "vidé le lac"

Publié le par Françoise Andersen

Version revue et complétée d'une publication de 2014 sur mon autre blog

Ce titre vous étonne ? Moi aussi j'ai été étonnée, il y a quelques années, quand le niveau extrêmement bas du lac à Corzent, près de Thonon-les-Bains, m'avait surprise et qu'on m'avait dit: "C'est parce qu'ils ONT VIDÉ LE LAC". J'avais cru qu'on se moquait de moi et n'avais pas osé insister, pour ne pas avoir l'air idiote.

Mais quand je suis allée sur la plage d'Excenevex (la seule plage de sable du lac), celle-ci avait des airs de mer à marée basse. Un panneau d'interdiction avait apparemment pour mission d'avertir les gens qu'ils devaient s'arrêter là, car on n'avait plus pied. Il avait l'air assez insolite à cet endroit. Le lac semblait s'être retiré. Je me suis dit qu'il fallait que je cherche une explication.

Ils ont &quot;vidé le lac&quot;

Une recherche sur Google m'a appris que, depuis 1942, on avait procédé tous les 3 ans, à la vidange du barrage de Verbois (Suisse), afin d'évacuer les sédiments charriés par l'Arve depuis le Mont-Blanc.

"Le Rhône prend sa source non loin du Rhin dans le massif du Saint-Gothard. Le cours du Rhône débute par le glacier du Rhône dans le canton du Valais ; il coule ensuite de l'est vers l'ouest à travers ce canton, bifurque vers le nord-ouest à Martigny et rejoint le lac Léman. Entre le glacier et le lac, le Rhône reçoit quantité d'affluents sur ses deux rives sous la forme de torrents de montagne et son débit varie. Il est plus élevé au moment de la font des neige. Le niveau du lac Léman est donc régulé par un barrage sur le Rhône situé en ville de Genève à proximité de l'exutoire du lac." Source Wikipedia

Le barrage de Verbois qui régule le débit du Rhône

Ils ont &quot;vidé le lac&quot;

Pendant les vidanges on procède également au nettoyage des grilles du barrage pour enlever les déchets qui s'y sont accumulés.

>>La Jonction : les eaux claires du Rhône se mêlent aux eaux chargées en sédiment de l'Arve. C'est le dépôt d'une partie de ces matériaux dans les retenues des barrages qui est à l'origine des opérations de vidanges.<<

Source :

http://etat.geneve.ch/dt/eau/actualite-vidange_barrage_verbois_cours-13222.html

 

Jonction entre le Rhône et l'Arve

Jonction entre le Rhône et l'Arve

Si ces sédiments et ces déchets ne sont pas enlevés il y a, en cas de crue, un risque d'inondations pour les riverains. Ces vidanges ont été moins fréquentes, depuis 2003, étant donné l'impact sur l'environnement. Comme elles avaient lieu en mai-juin, les cygnes et d'autres oiseaux n'avaient pas encore eu le temps de mettre leur progéniture à l'abri.

C'était également nuisible pour la pêche et dans une moindre mesure pour la navigation sur le lac. Pendant ces vidanges, le niveau du lac est plus bas que d'habitude. Maintenant je sais ce que veut dire l'expression: "Vider le lac".

2016 est une année bissextile et, du coup, le niveau du lac baisse plus que d'habitude.

>>Chaque hiver, le niveau du lac est abaissé pour anticiper l’arrivée de gros volumes d’eau dus à la fonte des neiges au printemps. Mais cette année, comme tous les quatre ans, le niveau du lac descend encore plus bas. Cette baisse de niveau permet l’entretien et la réparation des ouvrages construits sur les bords du lac<<

Source: http://www.cvmc.ch/index.php/blog/6-blog/27-niveau-du-lac.html

Tous les ans les Suisses en profitent pour organiser un nettoyage du lac

Voir http://www.netleman.ch/

Pour en savoir plus sur le lac Léman, vous pouvez aussi visiter ce site:

http://www.excenevex.fr/index.php/fr/le-leman

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"Meurtre" d'un épouvantail

Publié le par Françoise Andersen

il y a deux ans, j'avais avoué, sur mon autre blog, un "forfait" dont j'ai encore honte aujourd'hui. Quand j'ai vu que le thème de la semaine de " LA VIE AU JARDIN ET À LA CAMPAGNE" était "Accessoire / décoration de jardin"

j'ai recherché sur mon autre blog, la photo d'un épouvantail décoratif qui avait "vécu" plusieurs années dans notre jardin danois. J'ai relu l'article, qui m'a fait mal au coeur et, dans une sorte de désir d'expiation, j'ai décidé de le publier à nouveau ici.

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Publié la première fois le 27 juin 2014 sur mon autre blog

Il y a déjà longtemps que j'ai commis cet acte irréparable ,mais c'est seulement aujourd'hui que j'ose me confesser à vous. Il y a une dizaine d'années, j'avais acheté, pour décorer le jardin, une sorte d' épouvantail. Ce n'était pas un vrai épouvantail, car il ne faisait pas peur aux oiseaux. Ceux-ci venaient au contraire lui voler ses cheveux pour confectionner leurs nids.

&quot;Meurtre&quot; d'un épouvantail

Il avait de longs cheveux blonds (enfin, jaunes) qui, au fil des ans, ont pris une couleur indéfinissable. Un long morceau de bambou qui lui sortait du corps m'avait permis de le planter au milieu d'un massif et le vent lui donnait vie en soulevant les jambes de son pantalon.

Un jour je m'étais aperçue de son effet thérapeutique. Son sourire était contagieux et si j'avais un petit coup de blues, le seul fait de le regarder me remontait le moral. Je l'avais donc rapproché de la maison et l'avait assis sur une vieille chaise de jardin, juste de l'autre côté de la vitre près de laquelle nous prenons nos repas. Pour le rendre encore plus sympa et accueillant, j'avais attaché sa main à la chaise, de manière à ce qu'il ait l'air de faire un petit salut amical aux visiteurs.

&quot;Meurtre&quot; d'un épouvantail

Les années avaient passé. Il était devenu de plus en plus chauve. Il ne lui restait qu'une mèche sur le front mais, malgré tout, il ne paraissait pas son âge. En revanche la chaise en rotin sur laquelle il était assis, avait fini un jour jour par ployer sous le poids des ans et le bas d'un pied s'était cassé. L'autre chaise menaçait d'en faire autant et nous avons jugé plus prudent de les jeter avant que quelqu'un ne s'y assoie et se retrouve pas terre.

Comme j'étais dans un de mes jours "Débarrassons-nous de toutes ces vieilleries" (Ca m'arrive rarement, mais quand ca m'arrive, je ne fais pas les choses à moitié), j'ai décidé - vu l'état vraiment pitoyable de l'épouvantail -  de l'emporter avec les chaises à la déchetterie. Il avait mal résisté aux intempéries et surtout aux hivers passés dans l'appentis en compagnie de souris qui l'avaient grignoté ici et là.

J'ai d'abord transporté les chaises de l'autre côté de la maison, là où nous entreposons les déchets avant d'aller nous en débarrasser à la ville voisine et j'ai abandonné l'épouvantail gisant sur la terrasse.

&quot;Meurtre&quot; d'un épouvantail

Quand je suis revenue dans la maison et que j'ai regardé á travers la vitre, cela m'a fait très mal au coeur de le voir gisant sur la terrasse et de me dire qu'il allait finir avec les ordures. Mais je me suis dit que je ne devais pas sombrer dans la sensiblerie, que ce n'était que des bouts de tissu et de la paille. Il a donc rejoint les vieilles chaises.

&quot;Meurtre&quot; d'un épouvantail

Mais il m'a encore plus fait mal au coeur, car ses jambes pendaient inertes comme celles d'un cadavre. Il n'avait même plus l'air d'un épouvantail, car j'avais recyclé en tuteur le bout de bambou qui lui servait de support. 

Mais lendemain nous sommes allés la déchetterie et je l'ai jeté avec les chaises, apparemment sans états d'âme.

&quot;Meurtre&quot; d'un épouvantail

Mais malgré mes efforts, j'avais doublement honte: honte de m'être débarrassée de lui, tel un assassin jetant sa victime dans une benne, parmi des immondices, Honte également de ma puérilité. Toutefois la première honte était la plus forte et j'avais beau me dire que ce n'était que de vieux morceaux de tissu bourrés de paille, cet épouvantail et moi, nous avions vécu pratiquement côté à côte pendant tant d'années. Nous nous étions dégradés, chacun à sa manière, au même rythme. Il était devenu un gentil compagnon, un "doudou" en quelque sorte et même presque un alter ego, puisque je l'avais choisi pendant plusieurs années, comme avatar sur le Net.

Je regrettais tellement mon geste que si j'avais pu le récupérer, je l'aurais fait, Mais les bennes étaient hors de ma portée, en contrebas.

Mais pendant que j'étais là, devant la benne, rongée par le remords (si, si, je vous assure, on peut avoir l'air d'une vieille dame tout à fait normale et être complètement dingue), mon gentil épouvantail, indifférent à son environnement, le regard levé vers le ciel, regardait défiler les nuages, en continuant de sourire

&quot;Meurtre&quot; d'un épouvantail

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L'arrière-grand-père gourmand

Publié le par Françoise Andersen

Faute d¨écrire un nouvel article, j'aurais dû publier à nouveau cette histoire écrite l'an dernier à l'occasion de Pâques. Mieux vaut tard que jamais ...

Étant donné que nous vivions en appartement à Copenhague dans les années soixante / soixante-dix, la chasse aux oeufs de Pâques avait toujours lieu à la campagne, chez le père de mon mari, qui habitait une maison avec un grand jardin.

Pendant que les enfants jouaient avec lui à l'intérieur, je me glissais en douce dans le jardin et j'allais cacher les friandises avec ingéniosité. J'avoue que j'y prenais beaucoup de plaisir, car c'était une sorte de jeu pour moi aussi.

Un jour, le lendemain de Pâques, mon beau-père m'annonce au téléphone que les enfants n'avaient pas tout trouvé. Il avait continué la chasse après notre départ et avait fait une bonne récolte. Malgré ses 90 ans il semblait heureux comme un gamin.

Alors je me suis donné ensuite du mal chaque année pour trouver certaines cachettes trop difficiles ou même inaccessibles pour les enfants. Je me faisais en même temps plaisir en imaginant sa joie quand il les découvrirait après notre départ. Il m'avait en effet avoué que dès que nous étions partis, il se précipitait dans le jardin pour faire sa chasse aux oeufs "oubliés".

Chaque année nous lui offrions - comme le veut la coutume danoise quel que soit l'âge - un gros oeuf rempli de chocolats, mais rien ne lui faisait autant plaisir que les modestes petites frriandises qu'il avait lui-même trouvées.

Certaines personnes ne perdent jamais leur âme d'enfant. Mon beau-père est mort à 93 ans, alors qu'il était encore, à l'intérieur, un grand gamin.

L'arrière-grand-père gourmand

Publié dans Souvenirs

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